J'ai publié aujourd'hui un communiqué sur la crise financière et les moyens d'en sortir. je vous propose d'en prendre connaissance.
Dans la crise
financière des crédits américains « subprime », la plupart des
prétendus spécialistes ont manqué à la fois de clairvoyance, de transparence et
de cohérence.
Pas besoin en
effet d’être un gourou new-yorkais « triple A » pour prévoir que des
crédits immobiliers trop chers, trop risqués et trop nombreux, conduiraient tôt
ou tard à l’écroulement du château de cartes.
Manque de
transparence, aussi, tant il est évident que, pour augmenter leurs marges et
reporter une partie de leurs risques sur d’autres, les opérateurs et fonds
divers ont masqué la nature de leurs créances, en tous cas les ont noyées dans
la masse.
La cohérence,
enfin, n’est pas au rendez-vous, avec une mention spéciale pour la BCE, lorsque
d’un côté on pratique et annonce une hausse des taux d’intérêt conduisant à une
contraction économique et du crédit, cependant que de l’autre on inonde de
liquidités supplémentaires les circuits financiers afin d’allonger les problèmes
qu’avec d’autres on a laissé se créer.
C’est autour
de ces trois notions, clairvoyance, transparence, cohérence, que la crise – qui
m’apparaît sérieuse – doit maintenant être traitée.
L’exposition
directe et indirecte aux risques du « subprime » des différents
opérateurs doit être rapidement rendue transparente par une opération vérité,
sinon la méfiance, donc la crise, s’aggravera. C’est le rôle notamment des
régulateurs et des agences de notation d’y procéder.
Les Banques
centrales, elles, y compris la BCE, doivent annoncer qu’elles veilleront à ce
que les conditions financières soient durablement accommodantes, pour éviter
une contagion négative vers l’économie « réelle ».
Enfin, la
clairvoyance impliquerait de tirer les leçons des mécanismes spéculatifs et des
déséquilibres à l’œuvre non seulement dans le secteur immobilier où il faut
cesser d’accueillir des créances à risque sans garanties, mais dans les
nombreux autres domaines recelant des « bulles potentielles ». Les
gouvernements et le FMI ont, là, leur rôle à jouer pour assainir cette économie
domino et casino.
Tout cela, qui
est d’intérêt général, suppose bien sûr qu’on ne soit pas paralysé par
l’idéologie du laisser faire, mais qu’on agisse avec pragmatisme et vigueur. A
propos, qu’en pense le gouvernement français et que fait-il ?